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    Retour sur mes lectures : Journal des faux-monnayeurs par André Gide

    C’est en flânant dimanche dernier au milieu des gondoles remplies de livres sous les toits du Zénith à Dijon – transformé pour l’occasion en grande braderie solidaire au profit du Secours Populaire – que je suis tombé, par hasard, sur ce petit journal du grand auteur. Sur le quatrième de couverture, on peut lire « Rares sont les écrivains qui, parallèlement au roman qu’ils écrivent, tiennent un journal de leur travail et le publient de leur vivant ». Blague à part, je ne connais pas beaucoup d’auteur, sinon aucun, qui ait publié de son fait quoi que ce soit après sa propre mort ; j’aurais écrit : « tiennent un journal de leur…

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    Retour sur mes lectures : Au revoir Là-Haut de Pierre Lemaitre

    Déjà quatre ans, la Grande Guerre n’en finit pas ; un jour d’automne, trois hommes que le hasard jette sur le champ de bataille au même endroit au même instant, trois destins entrelacés : rescapés, ils se retrouveront dans l’après-guerre qui glorifie les morts et oublie les vivants. Deux amis et un ennemi. Les deux amis, Albert et Édouard, monteront une arnaque scandaleuse. Quant au capitaine Pradelle – on le méprise dès le premier chapitre –, son ombre inquiétante plane sur eux : jusqu’où la nature humaine peut se fourvoyer par appât du gain et du pouvoir ? La construction de ce roman lui donne un goût pénétrant de reviens-y…

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    Retour sur mes lectures : Le baron perché par Italo Calvino

    Le baron perché. Dans la deuxième moitié du siècle des lumières, le jeune baron Côme Laverse du Rondeau, 12 ans, suite à une dispute avec ses parents pour une banale histoire d’escargots, monte dans les arbres et n’y redescendra plus. Italo Calvino (1923-1985) nous transporte dans la canopée de la magnifique région d’Ombreuse, au centre de l’Italie, à la découverte d’un univers bucolique, poétique, étrange, comme ses personnages. Le narrateur, son frère cadet, nous conte la vie de ce jeune adolescent, qui prend une décision radicale car «pour bien voir la terre, il faut la regarder d’un peu loin.» Ce roman prend parfois l’allure d’un conte philosophique. Nous aussi, ne…

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    Retour sur mes lectures : Figurec de Fabrice Caro

    Un auteur dramatique poursuit deux passions, le théâtre et les cérémonies funèbres. Il cafouille sur la première : sa pièce verra-t-elle le jour ? Le narrateur nous délivre plusieurs versions du début de la première scène de l’acte 1, comme un fil rouge. Pour la deuxième (les enterrements), il se rend compte qu’il n’est pas le seul à satisfaire son gout morbide pour la nécrologie active. La mécanique s’enclenche lentement sur un ton à la fois réaliste et humoristique. L’intrigue nous est dévoilée par le narrateur par petites touches. Nous naviguons comme lui, au rythme des indices qu’il veut bien partager. Difficile d’en dire plus. C’est très bien écrit, et…

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    Retour sur mes lectures : La Secte des Egoistes, par Eric-Emmanuel Schmitt

    Un chercheur en philosophie qui s’ennuyait de son labeur part sur les traces d’un auteur du XVIII ième siècle (Gaspard Languenhaert) aussi mystérieux que ses écrits (ont-ils vraiment existé) : démontrer que le réel n’est qu’illusion, que le monde n’est que rêve et sensation, à travers le prisme d’un seul homme : lui, Gaspard Languenhaert, égoïste militant. Le roman est construit comme une poupée russe, ou chaque figurine découverte nous entraîne de plus en plus loin sur les traces de ce personnage excentrique et de ses disciples, à la limite de la farce et de la folie, il faut bien le dire. Un roman court, parfois jubilatoire, qui se lit…

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    Retour sur mes lectures : TAQAWAN par Eric Plamondon

    Taqawan. « Au Québec, on a tous du sang indien. Si c’est pas dans les veines, c’est sur les mains ». On est à la moitié du livre, quand la réplique du vieux fermier vous saute à la figure. Un roman noir, entrecoupé de fragments comme si le narrateur mettait son récit sur « pause », pour nous mettre les pendules à l’heure : par exemple, un extrait de la conférence de presse donnée par le premier ministre du Québec René Lévesque le 25 juin 1981, sur les évènements de Restigouche, réserve indienne en quête de son identité, de ses droits sur ce continent qui a vu les blancs ( l’anglais, le français )…

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    NÉCROLOGIE de Paul Cleave

    Nécrologie. Je préfère le titre orignal Cemetary Lake, le lac du cimetière, car tout le roman noir de Paul Cleave se déroule dans un cimetière. De la première page, à la dernière. Si vous n'aimez pas flâner entre les tombes le soir dans le brouillard, alors fuyez ! Par contre, si comme moi vous essayez de comprendre, comme le narrateur, ce qui a bien pu précipiter ces cadavres dans le lac du cimetière ; pourquoi le corps d'une jeune disparue se retrouvent dans une tombe qui n'est pas la sienne

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    Retour sur mes lectures : Babylone de Yasmina Reza

    Babylone. Une intrigue construite en filigrane, comme une charpente, puis tout autour des flash-backs. On lit ce roman comme on fouille dans des tiroirs. Les digressions de Yasmina Reza partent d’objets découverts au fil de la narration, une photo, un napperon, un chapeau, une valise rouge… Une fête entre gens bien comme il faut qui tourne mal, un crime sordide (le mobile est déroutant), celui de la femme du voisin du dessus, Jean-Lino avec lequel s’est lié d’amitié la narratrice. Un florilège de personnages mal dans leur peau, de trahisons, de couples déchirés, d’amitiés lézardées. Babylone (prix Renaudot 2016) peut décourager les amateurs d’intrigues, mais vaut le détour pour ses…

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    Retour sur mes lectures : Frappe-toi le coeur

    Frappe-toi le coeur, d’Amélie Nothomb Lire Frappe-toi le coeur, d’Amélie Nothomb Je ne m’attendais pas à ça. Vue à la télé. C’est de cette manière que j’ai abordé ce roman court d’Amélie Nothomb, célèbre et célébrée, précédée par son esthétisme un brin provocateur. Je m’attendais à plus de provocation. C’est une tragédie qui aurait mérité de la profondeur dans la caractérisation des personnages : 35 années en 150 pages, tout l’art de l’ellipse dans sa brièveté. La jalousie d’une mère pour sa fille. Mais aussi le destin refoulé d’une fille mal aimée par sa mère. Une tragédie, donc, avec un final amer. Lire Lire. Un passe-temps, une obligation, un plaisir,…

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    Retour sur mes lectures : Le Cercle des Impunis

    Le Cercle des Impunis par Paul MeraultLireLe Cercle des Impunis par Paul Merault Le titre plein de promesses tient son rôle d’enveloppe et puis c’est tout. L’histoire, deux enquêtes autour de crimes similaires, aux circonstances troubles, ésotériques, méritait une approche plus axée sur les personnages. Les victimes, des policiers, les enquêteurs, des officiers de police de Scotland Yard et de l’Évêché à Marseille, dialoguent, discutent, constatent, échafaudent, et sans plus.  Rien ne les caractérise. Le suspect : un Hannibal Lecter peu convainquant. On se lasse, et le lecteur peine jusqu’à la chute. Je ne parle pas des clichés, nombreux, des répétitions, pénibles. Les protagonistes, comme l’auteur, ne semblent pas croire…