Le roman-feuilleton

Les Hautes Plates

La « bible »

1. Pitch général

Deux frères en marge de la société et qui se détestent héritent, de la part de leur oncle qui les a élevés, d’une fortune et d’un domaine viticole de renom ; ils devront, pour conserver l’héritage et affronter leur nouvelle responsabilité, se défaire de leurs démons et se réconcilier.

2. Le concept

«Tout individu a droit à une seconde chance, à plus forte raison la deuxième fois. » Jacques Corneloup

« … choisir, c’était renoncer pour toujours, pour jamais, à tout le reste et la quantité nombreuse de ce reste demeurait préférable à n’importe quelle unité ». André Gide. Les Nourritures terrestres (1897)

« Deviens qui tu es, quand tu l’auras appris » Pindare – Pythiques, II, vers 72. (480-460 av. J.-C.)

Plusieurs éléments vont conduire le déroulement de l’histoire :

– la tension entre les deux héritiers (leur personnalité, leur objectif de vie)

la tension entre le régisseur du domaine, Zorba Gréco – un homme de la terre, entier et bourru –, et ses deux élèves : un fainéant toxicomane et un alcoolique dépressif.

3. Les intentions de l’auteur et les objectifs de la série

3. 1 Situation de départ : deux hommes au fond du trou que tout oppose : un qui a choisi cette vie, l’autre pas. Le pactole leur tombe du ciel.

3. 2 Les intentions et les objectifs :

Chaque épisode devra permettre de résoudre un problème vécu par un des personnages principaux, et apporter des solutions pour la résolution du problème général.

La série devra montrer que pour survivre et grandir il faut faire des choix, et pour citer André Gide, choisir c’est renoncer. Renoncer à la facilité (l’alcool, la drogue) pour s’engager sur le chemin de l’acceptation. Accepter qui on est et les décisions prises pour y parvenir, se responsabiliser. Et pour y arriver quoi de mieux que de s’associer avec un ennemi – son frère – et son pire ennemi : soi-même.

Les problèmes secondaires pourront être tirés de l’actualité, avec dans l’idée qu’ils apportent un éclaircissement sur la personnalité des personnages, et des solutions pour résoudre le pitch général.

Exemples :

– Alcide héberge des migrants à l’insu de son frère et du régisseur dans les caves du domaine des Hautes Plates. La police, commandée par Olivia, l’ex de Barth, débarque au domaine et lors de la perquisition met à jour une cachette où Alcide cultive sa production personnelle de chanvre indien.

– En se servant de l’actualité : la construction de la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin à Dijon, les acheteurs chinois de climats bourguignons, l’histoire de fraude d’un œnologue réputé (Rudy Kurniawan) surnommé docteur Conti pour sa passion pour les vins de la Romanée-Conti (ça ne s’invente pas) , etc.

3. 3 Résumé du premier épisode :

Alcide et Barthélemy Champmarra sont convoqués un jour d’orage par maître Damian Lanoux, notaire à Dijon pour la lecture du testament de leur oncle qui les a élevés, Raoul Béryl, décédé d’un cancer. L’arrivée tonitruante et successive des deux neveux dans l’office notarial ne passera pas inaperçue ; d’abord aux yeux d’Isabelle, la secrétaire : ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion d’ accueillir un cavalier et son cheval déféquant dans le hall d’un hôtel particulier. Barthélemy Champmarra ne fera pas mieux : alcoolique notoire, il arrivera accompagné des forces de l’ordre qui l’ont trouvé en état d’ébriété divaguant sur les voies du tramway. Damian Lanoux, un notaire impatient et misogyne, aura beaucoup de mal à captiver son auditoire : un fumeur de joint violent et un alcoolique nauséeux. Pourtant, ils héritent d’une fortune et d’un domaine viticole réputé dans le monde pour ses vins exceptionnels. Suite à une altercation entre les deux héritiers, il laissera la main à un collègue notaire. On assiste alors au visionnage d’un DVD que Raoul Béryl a souhaité imposer à ses neveux. On y apprendra pourquoi il a voulu faire d’eux ses héritiers. Mais il y a une condition : ils devront apprendre et travailler le dur métier de vigneron, coaché par le régisseur Zorba Gréco, un homme de la terre, ancien légionnaire. S’ils échouent, ils perdront tout et c’est le régisseur – Zorba ignore ce détail – qui héritera. Leur oncle leur tend une dernière fois la main pour les aider à se réaliser, et ainsi tenir une promesse qu’il a faite aux parents des deux neveux, morts dans un accident d’autocar. Raoul leur laissera un message d’avertissement : se méfier d’eux-mêmes.

4. Les prémisses (élément déclencheur, caractérisation des personnages principaux)

4.1 L’élément déclencheur qui va bouleverser la vie de deux frères que tout oppose est le décès de leur oncle qui les a élevés et qui leur cède sa fortune.

4.2 Caractérisation des personnages :

Barthélemy Champmarra, dit Barth : 42 ans, chômeur, divorcé, une fille, alcoolique et bientôt à la rue. Il suit une cure de désintoxication. C’est la troisième, et la première depuis son divorce d’avec Olivia Bouchot Menevet, OPJ au commissariat de police à Dijon, qui fêta son retour des deux précédentes cures en ouvrant une bouteille de champagne. Les cordonniers ne sont pas toujours les mieux chaussés. Il a perdu tout contrôle le jour où, rentrant d’une mission un peu plus tôt que prévu, il découvrit sa patronne dans son lit, avec sa femme. Il travaillait dans un cabinet d’architecte. Une altercation sous l’emprise de l’alcool avec la directrice régionale des affaires culturelles a précipité sa sortie.

Depuis deux ans – depuis son divorce – il commence régulièrement une psychothérapie qu’il abandonne au bout de la deuxième séance, ne trouvant pas la psy suffisamment à son goût. Quand un choix est difficile, une décision à prendre, il se confie à sa meilleure amie, la bouteille.

Ses points forts :

Curieux. Sportif.

Ses points faibles :

L’alcool et la dépression qui le minent depuis son divorce. Il est incapable de faire des choix et de s’y tenir. Peu fidèle aussi bien en amitié qu’en amour, depuis sa dépression il n’a plus d’empathie.

Alcide Champmarra : 48 ans, a développé très tôt une allergie au travail. Inscrit à la Cotorep, il vit de rapine, du « dépanage » de copains ou copines. À l’intelligence hors norme, il a grillé quelques neurones quand la drogue l’a rencontré à l’âge de 26 ans. Ses journées commencent à midi et se terminent à minuit, à contempler d’abord sa monoculture dans son jardin – le chanvre indien –, et ensuite, quand le temps le permet, les étoiles qui le guident dans son quotidien. D’humeur changeante, Alcide est un psychotique qui s’ignore, insupportable. Jaloux de son frère Barth – il prit sa place d’enfant unique quand Raoul accueillit Barth –, il vit avec sa compagne du moment, Zia Castelnau, « Prise à l’ennemi. Salopard de Barth, ah ah ah ».

Ses points forts :

Très intelligent, à la limite autiste asperger. Il fonce, prêt à tout pour défendre une idée, un concept, quand il n’est pas trop embrumé par Marie-Jeanne. Il se sent très vite investi d’une mission, sans réfléchir aux conséquences.

Ses points faibles :

Asocial, mais profite sans états d’âme des largesses que lui procure cette société qui le révulse.

D’humeur changeante, il peut être doux comme un agneau et une minute après et sans raison devenir ultra violent. C’est aussi un hypersensible.

Le travail n’est pas son crédo ; ce serait plutôt : ce que tu ne veux pas faire maintenant ne le fait jamais.

Il est jaloux de son frère Barth.

Raoul Béryl, l’oncle décédé.

Né le 5 janvier 1951 à Santiago du Chili, mort d’un cancer le 15 février 2017 à Dijon. Marié à Paulette – décédée 10 ans avant lui, il accueille ses neveux après le décès de leurs parents dans un accident d’autocar.

Maître Damian Lanoux

63 ans, exécuteur testamentaire, il est le garant des dernières volontés de Raoul, qu’il a bien connu. Il s’est lié d’amitié avec lui.

Ses points forts :

Compétent.

Ses points faibles :

Misogyne, impatient.

Zorba Gréco

50 ans. Le régisseur de Raoul Béryl. C’est le bras armé de Raoul, le logisticien du domaine des Hautes Plates. Né en Grèce à Monemvasia au sud du Péloponnèse, d’un père viticulteur qui lui a transmis la passion de la vigne et du travail de la terre, et d’une mère chanteuse d’opéra, qu’il n’a pratiquement pas connu. Ancien de la Légion étrangère, il a servi pendant quinze années comme parachutiste au 2e REP. Il était sergent-chef instructeur à Calvi quand l’armée l’a forcé à quitter la légion : un de ses hommes est mort à cause de lui au cours d’un exercice pendant lequel il a été brûlé au visage. Il en est resté défiguré.

Ses points forts :

Travailleur infatigable, sportif de haut niveau (karaté, judo, full contact), fidèle en amitié et entièrement dévoué à celui qui lui a fait confiance : Raoul Béryl. Son travail est sa raison de vivre. À quitté la légion pour des faits qui ont entraîné la mort d’un de ses hommes.

Ses points faibles :

Bourru, parle peu.

À une phobie du feu.

Olivia Bouchot Menevet

41 ans. L’ex de Barth. Il se sont rencontrés très jeune lorsqu’ils étaient au lycée. Elle a enfin assumé son homosexualité, le jour où elle rencontra Julia, la patronne de Barth, un week-end sportif entre collègues organisé par la boîte d’architectes. Il s’en doutait un peu, lui qui avait toujours un oeil sur la gent féminine, croisait souvent le regard d’Olivia au passage d’une jupe ou d’un bustier. Elle demanda le divorce pour cavaler en juste noce avec Julia. C’est l’antithèse de Barth. Enjouée, organisatrice, toujours de bonne humeur – sauf au boulot –, Olivia, depuis son divorce, est libérée d’ un poids mort : Barth. Elle lui en a voulu de ne pas avoir élevé leur fille comme un père doit le faire au 21e siècle : se lever la nuit pour s’en occuper quand elle est malade; plus tard, l’aider à faire ses devoirs, aller la chercher la nuit dans Dijon pour ses premières sorties. Elle et lui se téléphonaient de temps à autre pour organiser les gardes, les week-ends et les vacances, mais depuis que leur fille vole de ses propres ailes, les liens se sont franchement distendus. Elle aura un rôle déterminant sur l’avenir judiciaire de Barth : elle est commissaire de police place Suquet, à Dijon. Son homosexualité ne fait pas l’unanimité auprès de ses collègues hommes. Une manière détournée pour exprimer leur mécontentement et leur jalousie devant une femme ayant un poste à responsabilité qui use parfois plus d’autoritarisme que d’autorité.

Ses points forts :

Un fort caractère qui lui a permis de se hisser au-dessus du lot. Carriériste, c’est une dominante dans un métier entouré d’hommes.

De bonne humeur, sauf au travail, elle sait se montrer juste et sensible vis-à-vis de sa fille ou de son ex-mari.

Ses points faibles :

A eu des difficultés pour assumer son homosexualité.

Autoritaire avec ses troupes, elle cultive la haine de ceux qu’elle soumet à ses ordres. Ce qui lui attire la méfiance de ses supérieurs.

Manon Champmarra

20 ans, fille unique de Barth et Olivia, Manon a pour son père l’affection d’une mère, ce que lui reproche Olivia « N’inverse pas les rôles. Tu n’es pas sa nounou ». Depuis la descente aux enfers alcoolisés de son père, elle prend tout en charge : les comptes de Barthélemy, ses rendez-vous chez la psy, ses recherches d’emploi, toutes les démarches administratives. Elle l’invite régulièrement dans son petit appartement pour le déjeuner, le seul repas solide que son père ingurgite dans la journée.

Passionnée de botanique, elle travaille à mis temps pour le Conservatoire des Espaces Naturels de Bourgogne (CENB). Le reste du temps, quand elle ne s’occupe pas de son père, elle poursuit des études pour obtenir un master en sciences de la vigne et du vin. Ses compétences dans le vin seront déterminantes dans le projet que devront développer son père et Alcide.

Ses points forts :

Raisonnée, calme, elle se passionne pour ceux qui l’aiment et trouve toujours des raisons d’aimer ceux qui l’ignorent, comme son père.

Ses points faibles :

Tombe trop facilement amoureuse et en paie les pots cassés.

Zia Castelnau

38 ans, la compagne d’Alcide, dix ans plus jeune que lui et sans emploi. Ils se sont rencontré lors d’une rave party sauvage. Ils vivent séparément, elle, urbaine, dans un squat, et lui, rat des champs, dans une cadole aménagée. Ils se retrouvent plutôt chez l’une que chez l’autre, « il est insupportable comme une teigne », dit-elle. Leur fusion en étonne plus d’un, à commencer Barthélemy, qui eut, passé un temps, une liaison passionnée avec Zia. Mais le feu a brûlé la glace. Zia Castelnau a été directrice d’école maternelle. Suite à un malentendu ( elle a « oublié » une élève un vendredi soir dans la salle de classe, au lieu de l’emmener au périscolaire), elle démissionna.

Ses points forts : à définir

Ses points faibles : à définir

5. Les arches narratives : trajectoire du personnage du début jusqu’à son point d’arrivée, fin de l’histoire.

Barth à la dérive, trouvera les ressources suffisantes pour rebondir et contourner les obstacles, faire des choix, et finalement reprendre goût à la vie.

6. L’arène : caractéristiques de l’époque, lieu géographique, milieu des personnages

L’histoire se passe en France à Dijon et dans sa région proche. C’est le temps présent : à partir de 2017. Le milieu est bourgeois, bourgeois bohème, en opposition avec le monde de la rue que côtoient Alcide et Zia.

7. L’univers visuel et sonore

Des paysages de vigne, de plateaux calcaires (Les Hautes Plates, un lieu-dit proche de Dijon), de ruines et de cadoles, de combes forestières.

Et le milieu urbain avec Dijon :ses hôtels particuliers avec ses bourgeois, ses rues avec ses sans-abri, ses squats avec ses migrants. Univers sonore : le vent sur les plateaux calcaires, le silence angoissant dans les combes, le chant du pipit des arbres et celui du tarier pâtre dans les buissons cerclant le domaine des Hautes Plates.

En zone urbaine : le tramway dijonnais, l’accordéon du SDF dans la rue de la Liberté.

8. Les principes ou structures de la narration : la stratégie narrative utilisée

Le narrateur sera aligné soit sur le personnage central de l’épisode (le pilote : Barth, puis Alcide, Maître Lanoux, Olivia, Manon, Zia ), ou omniscient. Toujours à la troisième personne, avec des dialogues indirects, comme dans « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître.

L’idée principale contenue dans le pitch général doit amener les deux protagonistes à mieux se connaître (ils y sont obligés par des évènements extérieurs – l’héritage) et à se transformer pour réussir le pari fait sur eux par leur oncle.

9. Le storyline et synopsis des épisodes : formulation en quelques lignes du pitch par action.

Pitch du premier épisode (pilote) : Damian Lanoux, notaire, doit communiquer aux frères Champmarra, les dernière volontés de leur oncle, Raoul Béryl – et ce ne sera pas une partie de plaisir.

Pitch des autres épisodes : à faire

10. Le pilote ou épisode dialogué

Voir le premier épisode intitulé « Le message d’outre-tombe »

11. Une note pour défendre l’intérêt de l’histoire.

À faire.

12. Une bible d’écriture ou cahier des charges :

Longueur de l’épisode :

Le premier épisode fera quatre pages A4, environ quatorze mille signes.

Tics de langage de vos personnages :

Alcide : il s’adresse à sa jument Annabella par ces mots  » Mia bella ». Se lance souvent dans des monologues interminables sur les méfaits de la société.

Barthélemy :

Raoul (pour les flash-back) : théâtral. Aime utiliser l’emphase et se mettre en scène, faire des discours accompagnés de gestes grandiloquents.

Olivia :

Manon :

Zia :

Zorba : a conservé des tics de langages de son passé militaire : affirmatif pour oui, etc.

Techniques pour relancer l’intérêt :

  1. Alterner dialogues et description des actions. Il y aura des passages explicatifs, plus lents et plus bavards entre chaque scène d’action.
  2. Décrire les scènes d’action par le regard des protagonistes.

Longueur des phrases :

Les dialogues utiliseront des phrases courtes quand il s’agira de rythmer la scène. Les descriptions des phrases plus longues.

Densité des métaphores

Certaines scènes de comédie tireront leur effet du comique de situation. Les métaphores employées amplifieront cet effet.

13. Un teaser ou prologue accrocheur pour lancer la série

À faire.

14. Un synopsis : il ne s’agit pas d’un résumé chronologique, mais de l’expression concise et brève des moments clés de l’intrigue, des pitchs les plus frappants, et de faire apparaître les grandes articulations du récit.

Les deux frères Alcide et Barthélemy sont les meilleurs ennemis du monde. Ils ont pourtant un point commun au début de l’histoire : ils sont orphelins depuis l’enfance, à la dérive et addicts. Barthélemy, c’est l’alcool. Alcide, les drogues douces. Quand leur oncle décède, ils n’ont pas idée de ce qui va leur arriver : Raoul Béryl, qui les a élevés tous les deux depuis l’accident qui a tué leurs parents, ne souhaite qu’une chose : qu’ils deviennent des adultes responsables en prenant la succession de son domaine viticole.

C’est une expérience qui va les confronter au régisseur du domaine, Zorba Gréco. Et en prenant le contrepied de l’oeuvre de Michaël Cacoyannis – dans le film Zorba le Grec, Basil finit par demander à Zorba de lui apprendre à danser au lieu d’exploiter la mine de son père décédé , ici Alcide et Barthélemy finiront par demander à Zorba de leur apprendre le travail de la vigne, cette passion qui les guérira de leur démon, comme il a guéri celui de Zorba.

15. Documentation (en cours ; limitée pour ne pas s’éparpiller, mais nécessaire pour la justesse des propos):

Des statistiques à propos de l’alcoolisme :

https://www.ofdt.fr/statistiques-et-infographie/series-statistiques/alcool-evolution-des-quantites-consommees-par-habitant-age-de-15-ans-et-plus-depuis-1961-en-litres-equivalents-dalcool-pur/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.