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Retour sur mes lectures : Au revoir Là-Haut de Pierre Lemaitre

Déjà quatre ans, la Grande Guerre n’en finit pas ; un jour d’automne, trois hommes que le hasard jette sur le champ de bataille au même endroit au même instant, trois destins entrelacés : rescapés, ils se retrouveront dans l’après-guerre qui glorifie les morts et oublie les vivants. Deux amis et un ennemi. Les deux amis, Albert et Édouard, monteront une arnaque scandaleuse. Quant au capitaine Pradelle – on le méprise dès le premier chapitre –, son ombre inquiétante plane sur eux : jusqu’où la nature humaine peut se fourvoyer par appât du gain et du pouvoir ?

La construction de ce roman lui donne un goût pénétrant de reviens-y : impossible de s’en défaire, comme l’odeur des morts qui s’accumulent dans les trous d’obus. Pierre Lemaître utilise un type de narration qui emmène le lecteur dans les pensées les plus profondes de ses personnages. Parfois, il oscille dans le même paragraphe – voire dans la même phrase – entre le narrateur rapproché aligné sur un des personnages principaux (à la troisième personne) et le narrateur acteur de l’histoire (en utilisant le JE ).

Exemple, page 107 : « Édouard respirait mal, il se tournait dans tous les sens et aurait roulé d’un bord à l’autre du lit sans les liens aux chevilles et aux poignets. Albert lui tenait les épaules, les mains, lui parlait sans cesse. Il lui racontait. Tu t’appelles Eugène, j’espère que ça te plaît, parce qu’il n’y avait que ça en magasin. Mais pour qu’il se marre lui… « 

Une trilogie qui se poursuit avec le deuxième volet sorti en 2018 : « Couleurs de l’incendie »

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